1900-1904 : construction d'un séminaire par Sainte-Marie Perrin, architecte (1835-1917)
À l'approche des élections de 1902 qui verront la victoire d'Émile Combes, dans un contexte où les passions religieuses s'exacerbent, le cardinal Pierre-Hector Coullié (1829-1912), archevêque de Lyon, décide de faire bâtir un grand établissement d'enseignement supérieur catholique de philosophie destiné à former les futurs prêtres.
Les terrains retenus pour le nouvel établissement appartiennent en partie à l'abbé Louis-Jean Déchelette (futur évêque d'Évreux), en partie au séminaire Saint-Irénée de Lyon, fondé en 1659 par le cardinal Camille de Neuville, archevêque de Lyon. L'opération est entièrement financée sur les fonds privés du diocèse qui ne reçoit, à ce titre, aucune aide ni crédit du ministère des Cultes.
C'est à Marie-Louis-Jean Perrin dit Sainte-Marie Perrin, architecte, que la conduite du chantier est confiée. Né à Lyon en 1835, ce dernier, sorti de l'École de Beaux-arts de Paris en 1869 où il fut l'élève de Charles-Auguste Questel (architecte diocésain né en 1807, mort en 1888, ayant travaillé à Lyon et à Grenoble), réalisa jusqu'à son décès en 1917 une oeuvre considérable, comptant notamment de nombreux édifices religieux :
la basilique de Fourvière en collaboration étroite avec l'architecte Pierre Bossan (1814-1888), "maître" de l'architecture religieuse dans la région lyonnaise (Sainte-Marie Perrin est d'abord architecte adjoint puis architecte en chef à partir de 1896 sur le chantier) ;
le séminaire de Saint-Jodard à côté de Roanne dans la Loire (1894) ;
plusieurs monastères, celui de L'Adoration réparatrice à Lyon (1876), celui des Clarisses de Lourdes (1887) ;
plusieurs églises, celle du Saint-Sacrement à Lyon (1897-1900), celle de Saint-Sauveur-en-Rue (Loire) en 1900.
Le nouveau séminaire est édifié entre 1900 et 1903. Il est béni le 11 octobre de la même année alors que la chapelle ne sera achevée qu'un an plus tard. La gestion de ce patrimoine immobilier est confiée à la Société civile immobilière de Sainte-Foy-lès-Lyon, fondée aux mois de septembre et octobre de la même année, entre Étienne Clément (entrepreneur de maçonnerie), Paul Thomasset (ancien notaire), Louis Guérin (banquier), Joseph Jarrosson (fabricant de crêpes), Joseph-Lucien Brun (avocat), Pierre Ravier du Magny (avocat), Auguste Decours (propriétaire) et l'abbé Louis-Jean Déchelette (les archives de cette société n'ont malheureusement pu être identifiées).
Placé sur un plateau à deux cent soixante-quinze mètres d'altitude, construit au coeur d'un parc clos de murs, longé par la route, composé de parterres et plates-bandes plantés de pelouses et d'arbres, parcouru d'allée, comprenant une ferme et son verger, le bâtiment bénéficie d'une vue sur les monts du Lyonnais et les coteaux de Fourvière et de Sainte-Foy-lès-Lyon.
Son emplacement et son orientation tiennent compte des règles d'hygiène et d'exposition (air et lumière) préconisées pour les lycées et les écoles. Il se veut par son isolement et son austérité monastique un lieu propice à l'étude et au recueillement des futurs prêtres.
1904 à nos jours : le séminaire Saint-Irénée
L'édifice est très rapidement loué par la Société civile immobilière de Sainte-Foy-lès-Lyon au diocèse de Lyon. La direction de l'institution est confiée à Jean Verdier (1864-1940), futur cardinal, archevêque de Paris entre 1929 et 1940.
Édifié sur des fonds privés, le nouveau séminaire de Sainte-Foy-lès-Lyon, non concerné par la loi de décembre 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État qui entraîne dans toute la France la confiscation des biens des congrégations et des institutions religieuses enseignantes, accueille les élèves du séminaire Saint-Irénée de Lyon (aujourd'hui lycée public de Saint-Just), contraints de quitter leur établissement.
À la fin des années 1920, le syndicat ecclésiastique du diocèse de Lyon décide de construire un deuxième séminaire de philosophie sur une autre partie du parc où s'élevait auparavant une maison de campagne. Ce sera la maison Saint-Joseph qui, malgré les protestations de Sainte-Marie Perrin, craignant que le nouvel édifice ne dénature son oeuvre, fut bâtie entre 1927 et 1928.
Le 14 novembre 1966, les deux séminaires font l'objet d'un apport immobilier de la part de la Société civile immobilière de Sainte-Foy-lès-Lyon et du syndicat ecclésiastique du diocèse de Lyon au bénéfice de l'Association diocésaine de Lyon.
Venu en France pour faire un pèlerinage à Paray-le-Monial et rendre hommage aux martyrs morts dans les arènes de Lyon en 177, le pape Jean-Paul II fit un séjour de quatre jours dans le séminaire Saint-Irénée au mois d'octobre 1986.
La ville
Sainte-Foy-lès-Lyon est une commune limitrophe de Lyon, ses habitants sont appelés les Fidésiens.
Le nom de la commune est constitué de Foy, martyr qui serait morte à Agen au IIIe siècle, et d'une référence à sa proximité avec Lyon, différenciant ainsi la ville de ses homonymes.
Sainte-Foy-lès-Lyon surplombe Lyon par l'ouest, juste au sud de la Basilique Notre-Dame de Fourvière, audessus du confluent du Rhône et de la Saône à l'est et de la vallée de l'Yzeron à l'ouest et au sud, en limite des communes de Francheville et Oullins.
Elle se distingue par son cadre de vie agréable, très vert, voire champêtre, et Sainte Foy-lès-Lyon - Centre est à 20 minutes en voiture de la presqu'île lyonnaise.
La ville est mitoyenne du 5e arrondissement de Lyon, de La Mulatière, de Francheville, d'Oullins, de Saint-Genis-Laval et de Chaponost. (Liaison en Bus TCL : Lignes 8, 14, 29, 49, 103)
Défiscalisation : Monuments historiques
Rentabilité :
État d'avancement :
Disponibilité : 4T 2010
Actabilité : Oui
Mandat : Cabinet de conseil Herios Finance
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